Protection des chats libres et des animaux vivants librement dans la ville. Défense et droit des animaux.

La disparition, de nos compagnons.
Nous partageons leurs vies pleines de joies, de souffrances, de banalités, avec émerveillement et angoisse... et puis à un jour, la mort inconcevable de ces êtres que nous
aimons, vient frapper.
Il n'y a alors, autour de nous, ni infirmières, ni pompes funèbres, ni cérémonies, ni traditions...
Nous nous retrouvons seuls pour nous occuper du corps de notre compagnon, pour décider de ce qu'il faut faire.
Quand un chat est malade, on a un petit laps de temps, même s'il est très court, pour se préparer, réfléchir.
Lorsque la flamme vacille, que l'ombre fatale recouvre notre compagnon, nous l'emmenons chez le vétérinaire. Le ténébreux trajet est sombre et lourd. Comme dans les religions
antiques, on aimerait accompagner notre bien-aimé, l'aider à traverser le fleuve vers l'au-delà, qu'il soit serein, apaisé et confiant, que le passage
soit indolore avant qu'il n'entre dans les éthers.
Il ne s'éveillera plus, et tout est si calme... On caresse et l'on cueille la chaleur de la vie, et le dernier regard. Dans cinq minutes, dans une seconde, notre compagnon sera inerte. Le
temps qui scintillait de choses aléatoires, imprévisibles, de hasards, d'inconnus, est anéantit, pulvérisé, et déchiré violemment.
Nous scellons le destin d'un être vivant. Nous soufflons cette flamme, si petite soit-elle, nous coupons ce fil si mince. Ce passage de la vie à la mort, cette seconde là, ne se
conçoit pas, cela heurte et fait vaciller notre esprit pétrifié profondement.
Convaincu que notre compagnon souffre, on pense le soulager mais la volonté de vivre de ce petit chat, est-elle éteinte? Personne ne le sait. Penser qu'il aimerait encore
vivre quelques instants est une torture.
Le coeur de notre compagnon s'emballe, puis il arrête de battre et c'est fini. Quand tout est terminé, incrédule on demande au vétérinaire, si c'est vraiment
fini....
On est là, en face à cet être inerte ...irréversible abandon...
Je me souvient du chat Goliath qui est mort dans la salle d'attente, avant même d'être endormi. Dans le silence de cette salle, j'ai entendu le silence de la mort, la faible vibration de la
vie se taire.
Quand un chat est malade, les choses évoluent progressivement mais il ya aussi les disparitions brutales, les chats accidentés, ceux victimes de cruautés, ou ceux qui
disparaissent.
Lorsque un évènement funeste arrive brutalement, les images de nos compagnons palpitants de vie s'entrechoquent avec les images de leurs morts et de leurs
souffrances. C'est unedéchirure physique.
Pour appaiser la brulure insupportable qui se loge au creux de soi, le seul baume est de se concentrer sur les vivants....
Les corps inertes de nos compagnons sont souvent en
plein passage!!!. Les habitants du coin appellent la police!!! d'autres viennent me trouver. Hier encore ils étaient vivants et là ils sont morts. Je recueille le corps dépouillé de
vie. Ou est passée leur vie? L'autopsie n'indique jamais rien de ce que l'on veut savoir. Ce que l'on sait c'est qu'un être humain est à l'origine volontairement ou non de cet
anéantissement .
Et puis il y a les chats qui ont disparus et dont on ne trouve jamais les corps, certainement jetés aux ordures sans que personne ne puisse savoir ce qu'ils sont
devenus. Aucun deuil n'est possible sans voir leurs corps, et un espoir insensé de les revoir peut jaillir des mois plus tard à n'importe quel endroit.
En cherchant des chats disparus j'ai trouvé les restes de chats momifiés, enfermés il y longtemps dans les vides sanitaires. Ils avaient encore leur pelage... La pensée de
leurs agonies solitaires,de leurs désespérances, de leurs souffrances, des soins qui n'ont pas pu être donnés, de leurs sauvetages ratés, (pour les plus récentes disparitions) est une
douleur intolérable.
En fait, Il n'existe aucun rituel quand s'éteignent nos compagnons. Nous sommes seuls à inventer et donner un sens à ces disparitions. Les Égyptiens semble t-il, avaient des
rituels pour supporter la mort de leurs compagnons, les chats. Les indiens parait-il, entretenaient avec la nature un lien, un dialogue pour s'excuser de devoir prélever et tuer des
animaux pour se nourrir....
La rencontre avec un être vivant est une alchimie. L'enchantement, la magie de ce lien unique disparaitra avec lui. La mort, c'est la disparition d'un être vivant
particulier et irremplaçable. Tous nos compagnons morts ont été incinérés individuellement, les chats câlins comme les plus farouches. Leurs restes sont placés dans de petites urnes
qui paraissent minuscules, trop petites pour ce qu'ils ont été. Cette poussière ne représente rien d'autre que de fines particules inertes, inanimées, paradoxales, car
elles évoquent le vivant. Ou répandre leurs cendres? Est-ce dans un lieu de recueillement ou bien faut-il mêler au vent cette poussière d'étoile? Comment les enlacer à
l'infini ?
La mort de nos compagnons laisse une empreinte mentale et physique. Le Mystère, le Sacré, enveloppe nos compagnons, pourtant personne n'est là, personne ne le sait. Ils ne sont pas
membres de la famille. Il n'y a pas d' équipes de soignants, ni cérémonies pour permettre de vivre un deuil et recueillir la compassion des amis, des semblables
...
Hermès Psychopompe
A-LA-MEMOIRE-DE-FIFILLE-ET-DE-TOUS-LES-AUTRES
( Ces images sont choquantes. En prenant profondément soin des êtres vivants, on découvre le meilleur et
il y a le pire. Aimer un animal n'est pas un loisir superficiel. On dit: C'est juste un chat, tout juste un chat, est-ce une entité insuffisante? Pourtant elle vit, elle meurt comme
nous. Aimez donc!, aimez donc un animal, un compagnon! )
Compagnon: lat. populaire compagnio, onis "qui mange son pain avec" : copain